Données · Calcul GOS à partir du Weekly Petroleum Status Report de l'EIA

Stocks pétroliers des États-Unis : les distillats sont tombés à 99,3 millions de barils, le niveau le plus bas pour une fin octobre depuis 1982

Réservoirs de stockage de pétrole vus du ciel, image symbole des stocks pétroliers américains

Dans la semaine au 30/10/2026, les stocks américains de distillats (gazole, fioul domestique) sont tombés à 99,3 millions de barils, soit 15,3 millions de barils ou 13,3 % sous la moyenne des cinq années précédentes pour la même semaine ; d'après notre calcul sur la série hebdomadaire de l'EIA, aucune fin octobre n'a affiché un niveau aussi bas depuis le début de la série en 1982. La couverture est descendue à 23,8 jours, les stocks commerciaux de brut hors réserve stratégique s'établissent à 409,8 millions de barils, et les raffineries tournent à 94,5 %, contre 87,8 % en moyenne pour cette semaine. Avant la guerre, au 27/02/2026, les distillats s'élevaient encore à 120,8 millions de barils. Cette page suit les quatre indicateurs face à la moyenne et à la plage 5 ans, avec méthode, records et CSV.

1. Où en sont les stocks pétroliers américains cette semaine ?

Au 30/10/2026, les États-Unis détenaient 409,8 millions de barils de brut dans leurs stocks commerciaux, hors réserve stratégique, soit 18,6 millions de barils (4,3 %) de moins que la moyenne des cinq années précédentes pour la même semaine civile, selon le Weekly Petroleum Status Report de l'EIA et notre calcul de la moyenne. La plage 2021-2025 pour cette semaine allait de 421,2 à 436,8 millions de barils ; le niveau actuel se situe 11,4 millions de barils sous le bas de cette plage, le plus faible pour cette semaine depuis 2014. Recul sur une semaine : 0,9 million de barils. Avant la guerre, au 27/02/2026, les stocks atteignaient 439,3 millions de barils ; la baisse cumulée s'élève à 29,5 millions de barils.

Stocks commerciaux de brut des États-Unis (hors réserve stratégique), hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, millions de barils 30/10/2026: Actuel 409,76; Moyenne sur 5 ans (même semaine) 428,33 400 450 500 550 Mb janv. 2025 avr. 2025 juil. 2025 oct. 2025 janv. 2026 avr. 2026 juil. 2026

Stocks commerciaux de brut des États-Unis (hors réserve stratégique), hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, millions de barils

Dernière valeur (30/10/2026):

  • Actuel: 409,8
  • Moyenne sur 5 ans (même semaine): 428,3

Source : EIA Weekly Petroleum Status Report, calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026 ; bande grise = plage des cinq années précédentes

Le brut n'est pourtant pas l'indicateur le plus tendu. Le creux de 2026 remonte au 24/07/2026 (404,5 millions de barils), le haut au 17/04/2026 (465,7 millions de barils) ; les flux qui vident ou remplissent ces stocks figurent sur la page exportations de brut des États-Unis. La moyenne 2026 (430,0 millions de barils) reste proche de celle de 2025 (426,7). Le tableau résume les quatre indicateurs face à leur moyenne 5 ans et à leur niveau d'avant-guerre.

IndicateurActuelMoyenne 5 ansÉcartAvant-guerre (27/02)
Brut commercial (Mb)409,8428,3−18,6 (−4,3 %)439,3
Distillats (Mb)99,3114,5−15,3 (−13,3 %)120,8
Couverture distillats (jours)23,829,0−5,2 (−17,8 %)28,8
Utilisation des raffineries (%)94,587,8+6,7 (+7,7 %)89,2

Semaine au 30/10/2026 ; moyenne 5 ans = moyenne de la même semaine civile 2021-2025 (calcul GOS).

Les stocks commerciaux excluent la réserve stratégique (SPR), suivie sur la page réserve stratégique américaine.

2. Les stocks de distillats sont-ils à un plus bas historique ?

Les stocks de distillats, qui regroupent le gazole routier, le fioul domestique et le gazole non routier, sont tombés à 99,3 millions de barils dans la semaine au 30/10/2026 ; d'après notre calcul, c'est le niveau le plus bas relevé pour cette semaine de l'année depuis le début de la série EIA le 20/08/1982. Ce n'est pas un plus bas absolu : le minimum de la série date du 19/04/1996 (87,2 millions de barils) et le creux depuis 2000 du 14/04/2000 (92,8 millions de barils), chaque fois au printemps, après la saison de chauffe.

La moyenne 2021-2025 pour cette semaine s'élève à 114,5 millions de barils et le bas de la plage à 106,8 ; le niveau actuel est 15,3 millions de barils (13,3 %) sous la moyenne et 7,5 millions sous le minimum de la plage. Le 23/01/2026, les stocks s'élevaient encore à 132,9 millions de barils ; la baisse depuis atteint 33,7 millions, dont 3,6 millions dans la seule semaine au 30/10/2026.

Stocks de distillats des États-Unis (gazole, fioul), hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, millions de barils 30/10/2026: Actuel 99,26; Moyenne sur 5 ans (même semaine) 114,51 80 100 120 140 160 180 Mb janv. 2025 avr. 2025 juil. 2025 oct. 2025 janv. 2026 avr. 2026 juil. 2026

Stocks de distillats des États-Unis (gazole, fioul), hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, millions de barils

Dernière valeur (30/10/2026):

  • Actuel: 99,3
  • Moyenne sur 5 ans (même semaine): 114,5

Source : EIA Weekly Petroleum Status Report, calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026 ; bande grise = plage des cinq années précédentes

La couverture, c'est-à-dire le nombre de jours pendant lesquels les stocks suffiraient à la demande moyenne récente, est descendue à 23,8 jours au 30/10/2026, contre 29,0 jours en moyenne 5 ans et 28,8 jours dans la semaine au 27/02/2026 ; c'est la couverture la plus faible pour cette période de l'année depuis le début de la série, en 1991. La plage 2021-2025 pour cette semaine va de 25,8 à 32,3 jours. Le plus bas absolu reste 21,8 jours, le 21/02/2003 ; l'écart avec ce plancher n'est plus que de 2,0 jours. À l'autre extrême, la couverture avait culminé à 54,3 jours le 05/06/2020, pendant la pandémie ; elle a commencé 2026 à 37,4 jours le 16/01/2026.

Couverture des stocks de distillats américains, hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, jours 30/10/2026: Actuel 23,80; Moyenne sur 5 ans (même semaine) 28,96 0 20 40 60 jours janv. 2025 avr. 2025 juil. 2025 oct. 2025 janv. 2026 avr. 2026 juil. 2026

Couverture des stocks de distillats américains, hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, jours

Dernière valeur (30/10/2026):

  • Actuel: 23,8
  • Moyenne sur 5 ans (même semaine): 29,0

Source : EIA Weekly Petroleum Status Report, calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026 ; bande grise = plage des cinq années précédentes

Pourquoi les distillats manquent-ils alors que les raffineries tournent à plein ? Parce que la demande extérieure absorbe une partie de la production : les marges sur le gazole sont à des niveaux records, comme le montre la page crack du gazole, ce qui incite à exporter. Le pendant européen est suivi sur stocks de gazole, fioul et kérosène, le mécanisme sous pénurie de gazole.

3. Pourquoi les raffineries américaines tournent-elles à 94,5 % ?

Dans la semaine au 30/10/2026, les raffineries américaines ont utilisé 94,5 % de leur capacité de distillation, soit 6,7 points au-dessus de la moyenne 2021-2025 pour la même semaine (87,8 %) et 3,9 points au-dessus du haut de la plage des cinq années précédentes (90,6 %). Fin octobre est normalement la saison des maintenances d'automne, durant laquelle le taux retombe entre 85,4 % et 90,6 % ; en 2026, les raffineurs ont réduit ces arrêts au minimum. Sur une semaine, le taux a progressé de 1,7 point ; avant la guerre, il s'établissait à 89,2 %.

Taux d'utilisation des raffineries américaines, hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, pour cent 30/10/2026: Actuel 94,50; Moyenne sur 5 ans (même semaine) 87,76 50 60 70 80 90 100 % janv. 2025 avr. 2025 juil. 2025 oct. 2025 janv. 2026 avr. 2026 juil. 2026

Taux d'utilisation des raffineries américaines, hebdomadaire 01/11/2024 – 30/10/2026, pour cent

Dernière valeur (30/10/2026):

  • Actuel: 94,5
  • Moyenne sur 5 ans (même semaine): 87,8

Source : EIA Weekly Petroleum Status Report, calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026 ; bande grise = plage des cinq années précédentes

Le pic de 2026 a été atteint le 28/08/2026 avec 98,0 %, le point bas le 20/02/2026 avec 88,6 %, avant le conflit ; 16 semaines de 2026 ont dépassé 95 %. La moyenne 2026 s'élève à 93,5 %, contre 90,8 % en 2025. Le record de la série, qui commence le 02/11/1990, date du 28/08/1998 avec 100,5 %, un chiffre supérieur à cent pour cent parce que la capacité de référence n'est révisée qu'une fois par an. Le plus bas, 56,0 % le 26/02/2021, correspond à la vague de froid du Texas.

Un taux élevé signifie une offre maximale, mais aussi une marge de manœuvre très réduite face à un ouragan ou à un arrêt imprévu. L'indicateur est expliqué sous taux d'utilisation des raffineries, son lien avec la rentabilité sous marge de raffinage.

4. Comment ces chiffres sont-ils calculés ?

Les quatre séries proviennent du Weekly Petroleum Status Report de l'EIA, publié chaque mercredi pour la semaine close le vendredi précédent ; la moyenne, le minimum et le maximum « 5 ans » sont notre propre calcul sur la même semaine civile des années 2021 à 2025. Les stocks sont exprimés en milliers de barils dans la source et convertis ici en millions : 99 259 milliers de barils de distillats deviennent 99,3 millions. L'écart à la moyenne est une différence (99,3 − 114,5 = −15,3 millions de barils), rapportée ensuite à la moyenne 5 ans pour l'écart en pour cent (−13,3 %).

La couverture en jours est publiée par l'EIA : elle divise les stocks de distillats par la demande moyenne des quatre dernières semaines (produits livrés). Avec 99,3 millions de barils et 23,8 jours, la demande implicite ressort à 4,17 millions de barils par jour. Le taux d'utilisation rapporte les entrées brutes en distillation à la capacité opérable, révisée une fois par an. Le brut commercial inclut le brut en transit par pipeline et dans les terminaux.

Trois limites. Les valeurs hebdomadaires de l'EIA sont des estimations, révisables dans les rapports mensuels. Nos records portent sur la série hebdomadaire depuis le 20/08/1982 (stocks) et le 08/03/1991 (couverture) ; « plus bas pour cette semaine depuis 1982 » compare la semaine la plus récente avec la semaine civile correspondante de chaque année, pas avec l'ensemble des semaines. Enfin, un niveau national bas peut cacher une situation plus tendue encore dans le Nord-Est, région de chauffage au fioul. Le tableau donne les quatorze dernières semaines ; chaque nouveau rapport hebdomadaire de l'EIA y est ajouté.

Semaine auBrut (Mb)Distillats (Mb)Couverture (jours)Utilisation (%)
30/10/2026409,899,323,894,5
23/10/2026410,6102,825,992,8
16/10/2026412,5104,326,793,4
09/10/2026415,6102,625,893,5
02/10/2026424,1105,127,992,7
25/09/2026427,3105,227,992,5
18/09/2026426,4107,429,594,0
11/09/2026423,4107,929,996,8
04/09/2026424,1106,328,697,8
28/08/2026424,5104,228,598,0
21/08/2026428,9103,427,297,4
14/08/2026428,8105,628,497,2
07/08/2026424,4107,129,396,2
31/07/2026407,0107,229,996,5

EIA Weekly Petroleum Status Report ; stocks commerciaux de brut hors réserve stratégique.

5. Que signifient ces stocks pour le gazole et le fioul en Europe ?

Des stocks de distillats à 99,3 millions de barils et une couverture de 23,8 jours signifient que les États-Unis, grand exportateur de gazole, entrent dans l'hiver avec un coussin plus mince qu'à toute fin octobre depuis 1982 ; pour les acheteurs européens de gazole et de fioul, cela réduit la capacité des États-Unis à combler les volumes qui ne transitent plus par le détroit d'Ormuz. Quand les stocks américains baissent, les cargaisons transatlantiques se négocient plus cher, ce qui se lit dans l'écart suivi sur gazole hors taxes vs Brent. Si vous vous chauffez au fioul, prix du fioul aujourd'hui traduit cette situation en prix par litre pour la France.

Deux lectures s'opposent. La première y voit un signal d'alerte : 23,8 jours de couverture ne laissent presque aucune marge si une vague de froid frappe le Nord-Est américain. La seconde rappelle que les raffineries tournent à 94,5 % et que des stocks bas traduisent aussi une logistique plus tendue plutôt qu'une pénurie physique. Cette page ne tranche pas ; elle permet de suivre, chaque mercredi, laquelle se confirme. Les scénarios pour l'hiver sont sur pénurie de gazole hiver 2026-2027, l'écart gazole-essence sur pourquoi le gazole est plus cher que l'essence, les prix à la pompe américains sur prix à la pompe aux États-Unis vs brut. Cette page ne contient aucune prévision.

Télécharger toutes les valeurs en CSV (UTF-8, valeurs brutes et calcul par ligne, adresse stable ; CC BY 4.0 pour le calcul GOS, données brutes selon les conditions de la source)

Pour citer cette page : Global Oil Shock (Jörg Dässler), « Stocks pétroliers des États-Unis : brut, distillats, couverture et utilisation des raffineries face à la moyenne 5 ans », état au 05/11/2026, https://globaloilshock.com/fr/donnees/stocks-petroliers-etats-unis/

6. Questions fréquentes

À quel niveau se trouvent les stocks de distillats américains ?
À 99,3 millions de barils dans la semaine au 30/10/2026, selon l'EIA. C'est 15,3 millions de barils (13,3 %) sous la moyenne 2021-2025 pour la même semaine et, d'après notre calcul, le niveau le plus bas pour cette semaine de l'année depuis 1982.
Que signifie une couverture de 23,8 jours ?
Que les stocks de distillats couvriraient 23,8 jours de la demande moyenne des quatre dernières semaines si production et importations cessaient. Moyenne 5 ans pour cette semaine : 29,0 jours ; plus bas de la série : 21,8 jours le 21/02/2003.
Les stocks de brut sont-ils aussi à un plus bas ?
Non. Avec 409,8 millions de barils, les stocks commerciaux de brut sont 18,6 millions de barils sous la moyenne 5 ans, au plus bas pour cette semaine depuis 2014, mais loin du minimum de la série (247,3 millions de barils le 23/01/2004).
Pourquoi un taux d'utilisation de 94,5 % est-il remarquable ?
Parce que fin octobre est la saison des maintenances : la moyenne 2021-2025 pour cette semaine est de 87,8 %, le haut de la plage de 90,6 %. Les raffineurs ont raccourci les arrêts pour profiter des marges records sur le gazole.
La réserve stratégique est-elle comprise dans ces chiffres ?
Non. Les stocks commerciaux de brut excluent la Strategic Petroleum Reserve ; ses tirages gonflent les stocks commerciaux quand ils sont livrés aux raffineurs.
Comment calculez-vous la moyenne 5 ans ?
Pour chaque semaine, nous prenons la valeur de la même semaine civile de 2021 à 2025 et calculons moyenne, minimum et maximum. La comparaison publiée par l'EIA peut en différer de quelques dixièmes.

Et pour votre foyer ?

Les séries de données donnent la vue d'ensemble. Passez votre consommation de fioul, de carburant et d'électricité dans le calculateur pour voir ce que les prix actuels changent pour vous.

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