1. Combien de brut les États-Unis exportent-ils cette semaine ?
Dans la semaine au 30/10/2026, les exportations américaines de brut se sont établies à 3,67 Mb/j et les importations à 6,37 Mb/j, d'où des importations nettes de 2,70 Mb/j ; la moyenne sur quatre semaines, qui lisse le calendrier des chargements, donne 4,14 Mb/j d'exportations et 6,14 Mb/j d'importations. La semaine seule est en retrait de 0,46 Mb/j par rapport à cette moyenne, après une semaine au 23/10/2026 à 4,85 Mb/j. Ces oscillations d'une semaine à l'autre tiennent au rythme des départs de pétroliers depuis les terminaux du golfe du Mexique : un très grand pétrolier chargé un vendredi plutôt qu'un lundi déplace plusieurs centaines de milliers de barils par jour d'une semaine à l'autre.
Exportations et importations de brut des États-Unis, hebdomadaire 05/01/2024 – 30/10/2026, millions de barils par jour
Dernière valeur (30/10/2026):
- Exportations: 3,67
- Importations: 6,37
- Exportations, moyenne 4 semaines: 4,14
Source : EIA Weekly Petroleum Status Report, calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026
Le graphique couvre 2024 à 2026. La ligne orange des exportations et la ligne bleue des importations évoluent dans un couloir assez stable jusqu'en février 2026, puis les exportations décrochent vers le haut en avril et mai, lorsque les acheteurs d'Asie et d'Europe cherchent des cargaisons de remplacement pour le brut du Golfe bloqué à Ormuz. La ligne rouge, moyenne sur quatre semaines, culmine au printemps puis redescend pendant l'été ; en octobre, elle remonte sans retrouver le niveau d'avril. Le tableau des quatorze dernières semaines donne les trois flux et la moyenne mobile.
| Semaine au | Exportations (kb/j) | Importations (kb/j) | Importations nettes (kb/j) | Exportations, moy. 4 sem. |
|---|---|---|---|---|
| 30/10/2026 | 3 675 | 6 374 | 2 699 | 4 135 |
| 23/10/2026 | 4 854 | 6 374 | 1 520 | 4 408 |
| 16/10/2026 | 3 442 | 5 758 | 2 316 | 4 087 |
| 09/10/2026 | 4 570 | 6 049 | 1 479 | 4 046 |
| 02/10/2026 | 4 765 | 6 840 | 2 075 | 4 112 |
| 25/09/2026 | 3 570 | 5 698 | 2 128 | 3 775 |
| 18/09/2026 | 3 281 | 5 877 | 2 596 | 4 003 |
| 11/09/2026 | 4 831 | 7 058 | 2 227 | 4 131 |
| 04/09/2026 | 3 417 | 6 824 | 3 407 | 3 940 |
| 28/08/2026 | 4 483 | 6 770 | 2 287 | 3 850 |
| 21/08/2026 | 3 792 | 6 158 | 2 366 | 3 650 |
| 14/08/2026 | 4 066 | 6 593 | 2 527 | 3 569 |
| 07/08/2026 | 3 058 | 7 339 | 4 281 | 3 391 |
| 31/07/2026 | 3 685 | 6 198 | 2 513 | 3 556 |
Milliers de barils par jour, valeurs hebdomadaires EIA ; importations nettes = importations − exportations (calcul GOS).
Deux précisions de lecture. Les chiffres hebdomadaires de l'EIA sont des estimations, révisées quelques semaines plus tard par les données mensuelles, et portent sur le brut seul : les produits raffinés font l'objet d'autres séries. Et la série ne dit pas vers quels pays partent les barils ; l'EIA ne publie la destination qu'en données mensuelles, hors du périmètre de cette page. Le prix auquel ce brut se négocie, le WTI, est suivi sur prix du pétrole aujourd'hui et défini sous pétrole WTI.
2. Quel est le record d'exportations, et pourquoi la semaine du 24 avril 2026 est-elle à part ?
Le record hebdomadaire est de 6,44 Mb/j dans la semaine au 24/04/2026, soit 2,44 Mb/j de plus que la dernière semaine d'avant-guerre (4,00 Mb/j) ; cette même semaine, les importations sont tombées à 5,75 Mb/j, et les États-Unis ont été, pour la seule fois depuis 1991, exportateurs nets de brut, de 0,69 Mb/j. Le précédent record, 5,63 Mb/j dans la semaine au 24/02/2023, tenait depuis trois ans ; il a été dépassé deux fois en 2026, le 24/04/2026 et le 29/05/2026 (5,87 Mb/j), et les semaines au 15/05/2026 (5,60) et au 08/05/2026 (5,49) complètent les cinq premières places. Sur sept jours, la semaine record représente 45,1 millions de barils chargés.
| Semaine au | Exportations (kb/j) |
|---|---|
| 24/04/2026 | 6 438 |
| 29/05/2026 | 5 874 |
| 24/02/2023 | 5 629 |
| 15/05/2026 | 5 604 |
| 08/05/2026 | 5 492 |
| 23/06/2023 | 5 338 |
| 13/10/2023 | 5 301 |
| 29/12/2023 | 5 292 |
Plus hautes valeurs hebdomadaires depuis le début de la série EIA en février 1991.
La semaine du 24/04/2026 ne doit pas être surinterprétée. Elle combine un pic d'exportations et un creux d'importations ; dès la semaine suivante, le solde est repassé au-dessus de zéro, et sur l'ensemble de 2026 les importations nettes atteignent 1,93 Mb/j. Les autres semaines proches de l'équilibre confirment qu'il s'agit d'un épisode : 66 kb/j d'importations nettes le 10/04/2026, 409 kb/j le 08/05/2026, 415 kb/j le 12/09/2025, cette dernière avant la guerre. Les États-Unis restent importateurs nets de brut, lourd notamment, que leurs raffineries sont conçues pour traiter, tout en exportant du brut léger issu des bassins de schiste. La différence de qualité, et pas seulement de quantité, explique que les deux flux coexistent.
Après le pic d'avril-mai, les exportations ont reflué : 3,06 Mb/j dans la semaine au 07/08/2026, plus bas de l'année, la même semaine où les importations ont bondi à 7,34 Mb/j et les importations nettes à 4,28 Mb/j. L'écart entre WTI et Brent, qui rend le brut américain plus ou moins attractif pour un raffineur européen, est l'une des clés de ces mouvements ; il est suivi jour par jour sur écart Brent-WTI. Les records de cette page portent sur des valeurs hebdomadaires de l'EIA depuis le 08/02/1991 ; les chiffres mensuels définitifs peuvent en différer.
3. Comment les États-Unis sont-ils passés de l'interdiction d'exporter à plus de quatre millions de barils par jour ?
En 1991, première année de la série, les exportations de brut américaines atteignaient 134 kb/j en moyenne ; en 2015, année où le Congrès a levé l'interdiction d'exporter le 18/12/2015, 494 kb/j ; en 2026, 4,24 Mb/j, 32 fois le niveau de 1991. Jusqu'en 2015, l'interdiction en vigueur depuis les années 1970 ne laissait passer que des exceptions ; la courbe reste collée au plancher, à 16 kb/j en 2005 et 50 kb/j en 2013. Le brut de schiste a changé la donne : 0,22 Mb/j dès 2014 grâce aux exceptions, puis 0,98 Mb/j en 2017, 1,96 en 2018, 2,97 en 2019 et 4,21 en 2023, première année au-dessus de quatre millions.
Exportations de brut des États-Unis, moyennes annuelles des valeurs hebdomadaires 1991 – 2026, millions de barils par jour
Dernière valeur (2026):
- Exportations de brut: 4,24
Source : EIA Weekly Petroleum Status Report, calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026
Les importations ont suivi le chemin inverse, plus lentement. Elles culminaient à 10,11 Mb/j en 2005, année record, contre 6,05 Mb/j en 1990 ; elles sont redescendues à 6,82 Mb/j en 2019 et 6,08 Mb/j en 2025, puis 6,17 Mb/j en 2026. Le solde, c'est-à-dire la dépendance nette au brut étranger, est passé de 10,09 Mb/j en 2005 à 3,85 Mb/j en 2019, 2,30 en 2023 et 1,93 en 2026, soit 81 % de moins qu'au pic. Le tableau annuel reprend les trois colonnes depuis 2005.
| Année | Exportations (kb/j) | Importations (kb/j) | Importations nettes (kb/j) |
|---|---|---|---|
| 2005 | 16 | 10 109 | 10 093 |
| 2006 | 21 | 10 097 | 10 076 |
| 2007 | 23 | 10 031 | 10 007 |
| 2008 | 27 | 9 796 | 9 769 |
| 2009 | 30 | 9 135 | 9 105 |
| 2010 | 33 | 9 098 | 9 065 |
| 2011 | 35 | 8 866 | 8 831 |
| 2012 | 40 | 8 652 | 8 612 |
| 2013 | 50 | 7 797 | 7 746 |
| 2014 | 224 | 7 408 | 7 184 |
| 2015 | 494 | 7 343 | 6 850 |
| 2016 | 485 | 7 899 | 7 414 |
| 2017 | 978 | 7 909 | 6 931 |
| 2018 | 1 960 | 7 849 | 5 889 |
| 2019 | 2 971 | 6 823 | 3 852 |
| 2020 | 3 079 | 5 875 | 2 796 |
| 2021 | 2 907 | 6 134 | 3 227 |
| 2022 | 3 532 | 6 302 | 2 770 |
| 2023 | 4 207 | 6 504 | 2 297 |
| 2024 | 4 091 | 6 574 | 2 484 |
| 2025 | 3 865 | 6 082 | 2 216 |
| 2026 (au 30 oct.) | 4 241 | 6 173 | 1 932 |
Moyennes annuelles des valeurs hebdomadaires.
Ce basculement a une portée qui dépasse le marché : un pays qui exporte quatre millions de barils par jour et en importe six n'a plus la même lecture d'un choc sur Ormuz qu'un importateur net de dix millions. Les recettes, les flux de dollars et les alliances que ce changement déplace sont abordés sous pétrodollar. La réserve stratégique américaine, dont les tirages et les remplissages passent aussi par ces statistiques hebdomadaires, est suivie sur réserve stratégique américaine (SPR).
4. Comment la guerre et la fermeture partielle d'Ormuz ont-elles modifié les flux en 2026 ?
Dans la dernière semaine avant la guerre, au 27/02/2026, les États-Unis exportaient 4,00 Mb/j et importaient 6,32 Mb/j ; six semaines plus tard, au 10/04/2026, les exportations atteignaient 5,22 Mb/j et les importations nettes n'étaient plus que de 66 kb/j, avant le record de 6,44 Mb/j le 24/04/2026. Le printemps 2026 a enchaîné les semaines à plus de cinq millions : 5,49 Mb/j au 08/05/2026, 5,60 au 15/05/2026, 5,87 au 29/05/2026. L'explication est mécanique : lorsque les cargaisons du Golfe ne sortent plus, les raffineurs d'Asie et d'Europe se tournent vers les bruts disponibles par voie maritime, et le brut léger américain, chargé sur la côte du Golfe, est l'un des plus accessibles.
L'effet ne s'est pas maintenu au même niveau. De juillet à septembre, les exportations sont revenues dans leur couloir de 2025, avec un creux à 3,06 Mb/j au 07/08/2026, et les importations nettes sont remontées. En octobre, la moyenne sur quatre semaines est repassée à 4,14 Mb/j, contre 4,16 Mb/j avant la guerre, soit −0,02 Mb/j seulement. Les capacités de chargement des terminaux, la disponibilité des pétroliers et l'écart de prix entre WTI et Brent plafonnent ce que les États-Unis peuvent effectivement envoyer, quelle que soit la demande. Les tensions côté produits, en particulier sur le gazole dont les stocks américains sont au plus bas pour la saison, sont documentées sur stocks pétroliers des États-Unis.
Les passages réels de navires à Ormuz, qui conditionnent cette demande de remplacement, sont suivis jour par jour sur passages à Ormuz. Cette page ne prédit pas la suite ; elle constate que la crise a fait des États-Unis, pendant quelques semaines, un fournisseur marginal décisif, et qu'elle n'a pas pour autant transformé le pays en exportateur net de brut sur la durée.
5. Pourquoi ces chiffres comptent-ils pour la France, la Belgique et le Québec ?
Avec 4,24 Mb/j exportés en moyenne en 2026, le brut américain est devenu l'une des principales cargaisons de remplacement disponibles pour les raffineries européennes privées du Golfe ; pour la France, la Belgique et le Québec, l'enjeu n'est pas l'origine du baril mais son prix et sa disponibilité. Les raffineries d'Anvers, de Normandie ou de Lévis achètent sur le même marché mondial ; quand les exportations américaines montent, elles desserrent la contrainte pour tous, et quand elles reculent, comme en août 2026, le Brent le reflète. Pour un consommateur de fioul ou de gazole, le lien passe donc par le Brent en euros ou en dollars canadiens, suivi sur prix du Brent en euros, et par les marges de raffinage, pas par le volume de brut américain lui-même.
La série éclaire aussi un débat politique. Côté américain, certains plaident pour restreindre à nouveau les exportations afin de contenir le prix de l'essence, d'autres font valoir que ces exportations soutiennent les alliés et l'emploi ; côté européen, la dépendance accrue au brut et au gazole américains est tour à tour présentée comme une sécurité et comme une vulnérabilité. Les données de cette page ne tranchent pas ce débat ; elles en fixent les ordres de grandeur. La question de la dépendance par pays d'origine est traitée sur indice de dépendance à Ormuz, et le risque sur le gazole cet hiver sur pénurie de gazole : hiver 2026-2027.
Le CSV ci-dessous contient toutes les semaines depuis le 05/01/1990 pour les importations et depuis le 08/02/1991 pour les exportations, avec le solde net calculé par GOS. Chaque nouvelle publication hebdomadaire de l'EIA y sera ajoutée.
Télécharger toutes les valeurs en CSV (UTF-8, valeurs brutes et calcul par ligne, adresse stable ; CC BY 4.0 pour le calcul GOS, données brutes selon les conditions de la source)
Pour citer cette page : Global Oil Shock (Jörg Dässler), « Exportations de brut des États-Unis : séries hebdomadaires EIA depuis 1991, importations et solde net », état au 05/11/2026, https://globaloilshock.com/fr/donnees/exportations-petrole-brut-etats-unis/