Données · Calcul GOS à partir d'IMF PortWatch (AIS)

Passages de navires dans le détroit d'Ormuz : 3,5 par jour en octobre 2026 contre 89,7 avant la guerre, d'après PortWatch

Pétrolier dans les eaux resserrées du détroit d'Ormuz, image symbolique pour le comptage des passages de navires

Le 25/10/2026, dernier jour publié par IMF PortWatch, 2 navires ont franchi le détroit d'Ormuz d'après leurs signaux AIS, dont 1 pétrolier ; sur les trente derniers jours, la moyenne est de 3,4 passages par jour, soit 3,8 % de la moyenne 2023-2025 (89,7 par jour). En février 2026, dernier mois avant la guerre, PortWatch comptait encore 78,3 passages par jour ; en octobre 2026, 3,5, dont 0,6 pétrolier. Ces chiffres mesurent une chose précise, les navires qui émettent un signal AIS exploitable en franchissant le détroit, et c'est pourquoi ils diffèrent de ceux que publient d'autres observateurs. La carte de situation de Global Oil Shock classe Ormuz comme « fortement restreint, pas fermé ». Cette page donne la série quotidienne depuis le 01/01/2019, la comparaison avec Bab el-Mandeb, Suez et le Cap, la méthode et un CSV.

1. Combien de navires franchissent le détroit d'Ormuz aujourd'hui ?

Le 25/10/2026, PortWatch a relevé 2 passages dans le détroit d'Ormuz, 1 pétrolier et 1 cargo ; la moyenne mobile sur sept jours s'établit à 3,3 navires par jour, celle sur trente jours à 3,4, dont 0,7 pétrolier. La série s'arrête au 25/10/2026 parce que PortWatch publie avec une dizaine de jours de décalage : les signaux AIS doivent être collectés, nettoyés et attribués à un passage avant diffusion. Les valeurs quotidiennes oscillent entre zéro et une poignée ; la lecture utile est celle des moyennes mobiles, tracées en bleu ci-dessous.

Passages de navires dans le détroit d'Ormuz par jour, 01/10/2025 – 25/10/2026 25/10/2026: Tous navires 2,00; Pétroliers et chimiquiers 1,00; Moyenne sur 7 jours, tous navires 3,29 0 50 100 150 navires par jour janv. 2026 avr. 2026 juil. 2026

Passages de navires dans le détroit d'Ormuz par jour, 01/10/2025 – 25/10/2026

Dernière valeur (25/10/2026):

  • Tous navires: 2
  • Pétroliers et chimiquiers: 1
  • Moyenne sur 7 jours, tous navires: 3,3

Source : IMF PortWatch (Daily Chokepoints), calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026

Le graphique commence en octobre 2025, quand le détroit fonctionnait normalement avec 89,4 passages par jour en moyenne mensuelle, puis montre la chute du 28/02/2026. Ce jour-là, PortWatch a encore compté 57 passages, dont 36 pétroliers ; le lendemain 20, dont 5 ; le 04/03/2026, aucun. Depuis, la courbe orange des pétroliers reste collée à l'axe. Le tableau des quatorze derniers jours permet de vérifier chaque valeur.

JourTous naviresPétroliersCargos
25/10/2026211
24/10/2026211
23/10/2026514
22/10/2026413
21/10/2026303
20/10/2026312
19/10/2026413
18/10/2026422
17/10/2026000
16/10/2026716
15/10/2026211
14/10/2026303
13/10/2026707
12/10/2026303

14 derniers jours de la série PortWatch (publiée avec environ dix jours de décalage).

Ce que ces chiffres ne disent pas : la taille des navires, leur cargaison, leur destination, ni s'ils naviguaient seuls ou en convoi. Un passage de superpétrolier compte autant qu'un passage de caboteur. Pour une lecture en termes de barils et de dépendance par pays, l'indice de dépendance à Ormuz croise les flux d'avant-guerre avec les importations de chaque pays ; l'entrée détroit d'Ormuz du lexique explique la géographie du passage.

2. Combien de navires passaient avant la guerre, et combien manquent depuis ?

Entre 2023 et 2025, 89,7 navires par jour en moyenne franchissaient Ormuz selon PortWatch, dont 52,3 pétroliers ; depuis le 28 février 2026, la moyenne est tombée à 6,4 par jour, 14,0 fois moins, et à 3,5 en octobre 2026. Sur les 240 jours écoulés jusqu'au 25/10/2026, PortWatch a compté 1 539 passages au total, dont 616 de pétroliers ; au rythme de 2023-2025, il y en aurait eu 21 518. L'écart, 19 979 passages, est l'ordre de grandeur de ce qui a été détourné, annulé ou effectué sans signal AIS exploitable.

Passages à Ormuz, moyenne quotidienne par mois, janv. 2019 – oct. 2026 oct. 2026: Tous navires, moyenne quotidienne 3,52 0 25 50 75 100 125 navires par jour 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026

Passages à Ormuz, moyenne quotidienne par mois, janv. 2019 – oct. 2026

Dernière valeur (octobre 2026):

  • Tous navires, moyenne quotidienne: 3,5

Source : IMF PortWatch (Daily Chokepoints), calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026

La courbe mensuelle montre aussi que le trafic d'avant-guerre n'était pas constant. L'année 2019 affichait 69,1 passages par jour, 2022 un maximum de 93,5, puis 92,3 en 2023, 91,1 en 2024 et 85,5 en 2025 ; l'automne 2025 avait déjà fléchi, de 89,4 en octobre à 55,5 en décembre, avant un rebond à 78,3 en février 2026. Le choix de la référence change donc le pourcentage de recul : par rapport à 2023-2025, octobre 2026 représente 3,9 % du trafic ; par rapport à février 2026, le trafic a été divisé par 22,2, et celui des pétroliers par 77,6.

Les mois de guerre ne se ressemblent pas non plus. Mars 2026 est le plus bas avec 3,2 passages par jour (0,9 pétrolier) ; avril remonte à 7,1, juin à 12,9 (5,4 pétroliers) et juillet à 10,2, avant un nouveau repli à 4,7 en août, 3,6 en septembre et 3,5 en octobre. Les deux reprises partielles de juin-juillet n'ont pas tenu ; le mois d'octobre est, pour les pétroliers, le plus faible de tous les mois de guerre, mars compris. Les moyennes annuelles ci-dessous replacent 2026 (18,4 par jour, pétroliers 9,3) face aux sept années précédentes.

AnnéeOrmuz, tousOrmuz, pétroliersBab el-MandebSuezCap
201969,142,053,552,548,1
202073,645,054,552,852,8
202180,849,958,857,746,9
202293,557,767,167,143,8
202392,355,574,073,749,1
202491,153,232,539,687,0
202585,548,233,538,589,5
2026 (au 25 oct.)18,49,333,240,990,4

Moyennes annuelles des passages quotidiens.

3. Que compte exactement PortWatch, et pourquoi d'autres sources donnent-elles d'autres chiffres ?

PortWatch compte des passages déduits des signaux AIS, le système d'identification automatique que les navires marchands émettent par radio et que des satellites et des stations côtières captent ; un navire qui coupe son émetteur, le brouille ou émet une position fausse n'est pas compté, et un signal fragmentaire peut être rejeté. La plateforme, portée par le Fonds monétaire international, distingue les pétroliers et chimiquiers des cargos et publie une valeur par jour et par point de passage. Nous reprenons ces valeurs telles quelles ; les moyennes, les totaux et les comparaisons sont des calculs GOS.

D'autres observateurs mesurent autre chose. Le Joint Maritime Information Center (JMIC) publie ses propres relevés de mouvements et d'incidents ; des sociétés d'analyse maritime comme Windward ou Kpler travaillent avec d'autres sources que le seul AIS et raisonnent souvent en volumes de cargaison plutôt qu'en coques ; les communiqués sur les convois facilités par les États-Unis dénombrent des navires escortés. Ces grandeurs ne sont pas comparables entre elles ni avec PortWatch, et il est normal qu'elles divergent : un pétrolier escorté qui a coupé son AIS pour des raisons de sécurité figure dans un bilan de convoi et pas dans la série PortWatch. Nous ne reprenons aucun chiffre de ces sources sur cette page.

Deux conséquences pour la lecture. Premièrement, la série PortWatch est probablement un plancher : elle sous-estime le trafic réel dans la mesure où une partie des navires naviguent sans signal. Deuxièmement, elle reste la seule série publique, quotidienne, homogène depuis 2019 et gratuite, ce qui en fait la bonne base pour comparer octobre 2026 à octobre 2019. C'est dans cet esprit que la carte de situation de Global Oil Shock classe le détroit comme « fortement restreint, pas fermé » : la série montre des passages quasi nuls, mais pas nuls, 14 jours seulement sur 240 étant à zéro. Ce que signifierait une réouverture pour les prix est examiné sur réouverture d'Ormuz : quel effet sur les prix des carburants.

4. Comment Ormuz se compare-t-il à Bab el-Mandeb, à Suez et au Cap ?

En octobre 2026, PortWatch a compté 3,5 passages par jour à Ormuz, 28,1 à Bab el-Mandeb, 43,2 dans le canal de Suez et 86,7 au cap de Bonne-Espérance : le détroit qui portait le plus de pétrole est devenu celui où passent le moins de navires. La comparaison éclaire deux crises superposées. La crise de la mer Rouge, depuis la fin de 2023, a fait tomber Bab el-Mandeb de 74,0 passages par jour en 2023 à 32,5 en 2024 et Suez de 73,7 à 39,6, tandis que le Cap passait de 49,1 à 87,0 : les navires ont contourné l'Afrique. La crise d'Ormuz, depuis février 2026, n'offre pas de détour, le golfe Persique n'ayant pas d'autre sortie maritime.

Quatre points de passage comparés, moyenne quotidienne par mois, janv. 2023 – oct. 2026 oct. 2026: Ormuz 3,52; Bab el-Mandeb 28,12; Canal de Suez 43,20; Cap de Bonne-Espérance 86,68 0 25 50 75 100 125 navires par jour 2024 2025 2026

Quatre points de passage comparés, moyenne quotidienne par mois, janv. 2023 – oct. 2026

Dernière valeur (octobre 2026):

  • Ormuz: 3,5
  • Bab el-Mandeb: 28,1
  • Canal de Suez: 43,2
  • Cap de Bonne-Espérance: 86,7

Source : IMF PortWatch (Daily Chokepoints), calcul Global Oil Shock, au 05/11/2026

Le graphique rend cette asymétrie visible. Les trois courbes de la mer Rouge et du Cap se sont déplacées en 2024 puis stabilisées : en 2026, Bab el-Mandeb reste à 33,2 par jour, 55 % sous 2023, Suez à 40,9, le Cap à 90,4, 1,8 fois son niveau de 2023. La courbe d'Ormuz, elle, tombe sans contrepartie ailleurs. Le tableau mensuel, d'octobre 2025 à octobre 2026, détaille les quatre points de passage mois par mois.

MoisOrmuz, tousOrmuz, pétroliersBab el-MandebSuezCap
octobre 20263,50,628,143,286,7
septembre 20263,61,126,640,486,1
août 20264,71,927,441,090,3
juillet 202610,24,833,641,991,5
juin 202612,95,436,640,492,8
mai 20263,91,336,139,196,9
avril 20267,13,236,742,192,8
mars 20263,20,935,541,091,3
février 202678,343,536,841,487,0
janvier 202658,531,133,539,187,7
décembre 202555,530,432,740,184,7
novembre 202567,438,437,842,987,2
octobre 202589,449,536,141,394,1

Moyenne quotidienne des passages par mois (IMF PortWatch, d'après l'AIS). Octobre 2026 jusqu'au 25.

Pour les pays importateurs, la différence est de nature. Un détour par le Cap allonge les trajets et renchérit le fret, mais la cargaison arrive ; un détroit d'Ormuz quasi fermé retire du marché le brut et les produits que les terminaux du Golfe ne peuvent plus charger, sauf par les oléoducs qui contournent le détroit. Ce retrait est l'une des deux lectures de la prime du Brent sur le WTI exposées sur écart Brent-WTI, et l'appel accru aux cargaisons américaines suivi sur exportations de brut des États-Unis.

5. Que signifient ces passages pour la France, la Belgique et le Québec ?

Avec 0,7 pétrolier par jour en moyenne sur trente jours au 25/10/2026, contre 52,3 en 2023-2025, le détroit d'Ormuz ne livre plus qu'une fraction du brut et des produits raffinés qui alimentaient l'Europe et l'Asie ; pour un consommateur français, belge ou québécois, l'effet passe par le prix mondial, pas par une rupture physique directe. Quelle part de son brut et de ses produits chaque pays tirait du Golfe avant la guerre, et donc à quel point il est exposé, se lit sur indice de dépendance à Ormuz, construit à partir des statistiques d'importation ; cette page-ci ne compte que des navires. Ce que les trois marchés ont en commun, c'est le prix : le gazole, le fioul et le kérosène qu'ils achètent se forment sur des cotations qui suivent le Brent, et le Brent incorpore la disparition des cargaisons du Golfe.

Trois pages de ce site prolongent la lecture. Les stocks que les États membres de l'AIE détiennent pour amortir ce type de rupture sont suivis sur réserves stratégiques de pétrole, et plus précisément pour le gazole, le fioul et le kérosène sur stocks de gazole, fioul et kérosène. Les tensions sur le gazole à l'approche de l'hiver, qui touchent directement le fioul domestique, sont analysées sur pénurie de gazole : hiver 2026-2027. Et le prix du jour pour un plein de fioul en France est sur prix du fioul aujourd'hui.

Cette page ne prédit ni la réouverture du détroit ni son calendrier. Elle enregistre, jour après jour, ce que les signaux AIS laissent voir du trafic, et le CSV ci-dessous contient chaque valeur quotidienne pour les quatre points de passage depuis le 01/01/2019. Les jours suivants s'ajouteront au fil des publications de PortWatch.

Télécharger toutes les valeurs en CSV (UTF-8, valeurs brutes et calcul par ligne, adresse stable ; CC BY 4.0 pour le calcul GOS, données brutes selon les conditions de la source)

Pour citer cette page : Global Oil Shock (Jörg Dässler), « Passages de navires dans le détroit d'Ormuz : données PortWatch quotidiennes depuis 2019 », état au 05/11/2026, https://globaloilshock.com/fr/donnees/passages-detroit-d-ormuz/

6. Questions fréquentes

Combien de navires passent le détroit d'Ormuz chaque jour en ce moment ?
3,4 par jour en moyenne sur les trente jours au 25/10/2026, dont 0,7 pétrolier, d'après les signaux AIS compilés par IMF PortWatch. Le 25/10/2026 lui-même, 2 passages ont été relevés. En octobre 2026, la moyenne mensuelle est de 3,5 par jour.
Le détroit d'Ormuz est-il fermé ?
Pas au sens strict : PortWatch relève encore des passages la plupart des jours, et seuls 14 jours sur 240 depuis le 28 février 2026 sont à zéro. Le trafic est toutefois réduit à 3,8 % de la moyenne 2023-2025. La carte de situation de Global Oil Shock le classe donc comme « fortement restreint, pas fermé ».
Pourquoi vos chiffres diffèrent-ils de ceux d'autres sources ?
Parce que PortWatch compte des passages déduits des signaux AIS, alors que le JMIC publie ses propres relevés de mouvements et d'incidents, que Windward ou Kpler s'appuient sur d'autres sources et raisonnent souvent en volumes, et que les bilans de convois facilités par les États-Unis dénombrent des navires escortés. Un navire qui a coupé son AIS n'apparaît pas dans PortWatch. Nous ne reprenons aucun chiffre de ces autres sources.
Combien de navires passaient avant la guerre ?
89,7 par jour en moyenne entre 2023 et 2025, dont 52,3 pétroliers ; 78,3 en février 2026, dernier mois complet avant la guerre. Le maximum de la série est 133 passages le 09/06/2025, le minimum d'avant-guerre 30 le 27/02/2020.
Pourquoi la série s'arrête-t-elle dix jours avant la date de publication ?
PortWatch publie avec environ dix jours de décalage, le temps de collecter et de nettoyer les signaux AIS. Au 5 novembre 2026, le dernier jour disponible est le 25/10/2026. Les valeurs des derniers jours peuvent encore être révisées à la marge.
Que comptent les colonnes Bab el-Mandeb, Suez et Cap ?
Les passages quotidiens aux trois autres points suivis par PortWatch, selon la même méthode AIS. Ils montrent la crise de la mer Rouge depuis fin 2023 : Bab el-Mandeb est passé de 74,0 à 32,5 navires par jour entre 2023 et 2024, le Cap de 49,1 à 87,0. Contrairement à Ormuz, il existait un détour.

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