1. Ce que l'Iran propose, et ce que cette offre n'est pas
L'offre tient en trois conditions : que les États-Unis déclarent officiellement vouloir une solution diplomatique, qu'ils relâchent la pression militaire, et qu'ils lèvent le blocus des ports iraniens ; le détroit rouvrirait alors sous sept jours et un calendrier serait négocié (haut responsable iranien à Reuters, 22 septembre 2026, via Israel Hayom). Le message est passé par des médiateurs ; Washington l'examine. La délégation iranienne à l'Assemblée générale de l'ONU, réunie cette semaine à New York, a reçu mandat pour renouer avec les pays médiateurs.
Ce n'est pas un accord, et l'histoire récente invite à la prudence. Après l'échec des pourparlers d'Islamabad, les États-Unis ont imposé un blocus naval en avril ; un mémorandum signé les 17 et 18 juin promettait la réouverture du détroit et la fin du blocus ; à partir du 8 juillet, le cessez-le-feu s'est effondré après des attaques attribuées à l'Iran contre des navires marchands, et le blocus a été rétabli (Wikipedia, 2026 Strait of Hormuz campaign). Qui agit aujourd'hui sur l'offre des sept jours agit sur une déclaration d'intention.
2. Ce qui passe réellement par Ormuz aujourd'hui
Le détroit n'est pas fermé, mais c'est un goulet sous contrôle américain : environ 10 millions de barils par jour le franchissent (Chris Wright, secrétaire américain à l'Énergie, 13 septembre), et les deux dernières semaines ont vu passer plus de brut, de fret et de GNL qu'à aucun moment des six derniers mois ; l'Iran lui-même n'exporte pas un baril, et les chenaux principaux ont été déminés (amiral Brad Cooper, CENTCOM, message vidéo du 20 septembre 2026, Business Standard d'après Bloomberg). Avant la guerre, le détroit voyait passer environ 125 grands navires de commerce par jour (Israel Hayom) et près d'un cinquième du commerce mondial de pétrole et de GNL (EnergyNow). La différence, c'est ce que le marché mondial remplace depuis mars par le déstockage, les pipelines et les exportations américaines.
Les pipelines sont le second goulet. Le pipeline saoudien Est-Ouest, qui avec le contournement émirati a acheminé environ 5 millions de barils supplémentaires par jour hors d'Ormuz au deuxième trimestre (Fortune/McKinsey, 17 septembre), a été mis hors service par des drones le 13 septembre et a redémarré ce week-end à faible régime ; retrouver les 4 millions de barils par jour d'avant prendra six à huit semaines (OilPrice.com, 22 septembre). Dimanche, Aramco a chargé environ 14 millions de barils sur sept supertankers (EnergyNow). L'EIA, dans ses perspectives du 9 septembre, retient des arrêts de production de 6,7 millions de barils par jour en août et des contraintes jusqu'au deuxième trimestre 2027 (EIA STEO). Notre lexique explique pourquoi le détroit d'Ormuz pèse autant.
3. Trois scénarios pour le brut, le gazole, le fioul et le gaz
Scénario 1, la réouverture a lieu et tient : le brut réagit en premier et le plus fort. Quand des informations sur un accord ont circulé le 12 juin, le Brent a perdu 3,37 % en une séance, à 87,33 $ (Yahoo Finance) ; Goldman Sachs chiffrait alors l'effet d'une normalisation avancée d'un mois à environ 10 $ le baril pour fin 2026 et 5 $ pour 2027 (Yahoo Finance, 21 juin). Le scénario central de l'EIA suppose déjà un repli à 90,66 $ au quatrième trimestre 2026 et 73,74 $ en moyenne en 2027 (STEO, 9 septembre). Le gazole et le fioul suivent plus lentement : les stocks américains de distillats sont au plus bas de septembre depuis 1982 (EnergyNow), la Russie maintient son interdiction d'exporter jusqu'à fin octobre (Hydrocarbon Processing), et la prime de fret d'au moins 25 % du prix du brut vers l'Asie (OilPrice.com) ne se dégonfle que lorsque les pétroliers naviguent à nouveau normalement. Le gaz bouge comme le pétrole : le TTF a perdu 3,5 % le 22 septembre, à 70,66 € (finanzen.at), parce qu'une réouverture ramènerait le GNL qatari.
Scénario 2, les discussions traînent : les prix restent où ils sont et chaque titre les déplace de deux à trois dollars par jour, comme entre le 18 et le 22 septembre (104,33, 101,61, 99,97 $ ; Fortune, notre API). Pour le fioul, cela signifie un prix élevé sans direction : 1 855 € les 1 000 litres en France le 22 septembre (prixfioul.fr), 167,51 € les 100 litres en Allemagne le même jour (HeizOel24).
Scénario 3, l'offre échoue comme en juillet : le marché retourne vers les sommets de septembre. Le Brent dépassait 107 $ le 16 septembre et cotait 118,35 $ le 31 mars (Wikipedia). Dans ce cas, c'est le gazole, pas le brut, qui mènerait la hausse, parce que les stocks sont vides et que les raffineries tournent à plein depuis des mois. Le scénario qui l'emportera se décidera à New York et à Téhéran, pas à la Bourse ; notre page Prix du pétrole aujourd'hui tient le relevé quotidien.
4. Ce que tu dois faire maintenant, et ce qu'il faut éviter
Ne pas acheter ni vendre sur un titre de presse. Si tu as besoin de fioul et que ta cuve est sous le tiers, commande : le scénario 3 coûte plus que ce que le scénario 1 fait économiser dans ses premières semaines, le fioul suit le brut avec quelques jours de retard, et les fournisseurs répercutent les baisses moins vite que les hausses (voir l'effet pass-through). Au-dessus des deux tiers, tu peux attendre la fin des sept jours ; le 29 septembre, on en saura davantage. La règle complète est sur Fioul : acheter maintenant ou attendre ?, et la question de la semaine sur Le fioul va-t-il baisser ?.
Pour les automobilistes, le gazole restera cher plus longtemps que le brut quoi qu'il arrive, pour les raisons détaillées dans notre page sur la pénurie de gazole de l'hiver 2026-2027 ; en France, l'aide de 100 € pour les gros rouleurs annoncée le 22 septembre est décrite sur Aide carburant de 100 €. Pour les clients gaz, la question est de savoir si la réouverture arrive avant l'hiver : les stockages allemands étaient à 56,8 % le 22 septembre, la France à 80,3 % (AGSI), détails sur Stockage de gaz et hiver 2026-2027.
Ce qu'un Brent à 90, 100 ou 120 dollars signifie pour ton foyer, tu le calcules en une minute.
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