1. Qui vend son pétrole brut à la France ?
Les États-Unis d'abord, avec 22,1 % du brut importé en 2025, puis le Kazakhstan (14,9 %) et le Nigeria (12,0 %) : à eux trois, ils ont livré 49,0 % des 45 636 milliers de tonnes entrées en France (Eurostat, calcul GOS). Suivent la Norvège (9,6 %), la Libye (9,5 %), et l'Algérie (9,3 %). Aucun fournisseur ne dépasse le quart. Le Golfe ne pèse que 10,1 % du brut, pour l'essentiel l'Irak (7,4 %) et l'Arabie saoudite (2,4 %).
| Pays fournisseur | Volume (milliers de t) | Part |
|---|---|---|
| États-Unis | 10 066 | 22,1 % |
| Kazakhstan | 6 815 | 14,9 % |
| Nigeria | 5 468 | 12,0 % |
| Norvège | 4 400 | 9,6 % |
| Libye | 4 332 | 9,5 % |
| Algérie | 4 265 | 9,3 % |
| Irak | 3 376 | 7,4 % |
| Brésil | 1 655 | 3,6 % |
| Angola | 1 309 | 2,9 % |
| Arabie saoudite | 1 117 | 2,4 % |
| Total des importations | 45 636 | 100 % |
Eurostat ne publie que des tonnes : tous les pourcentages de cette page sont des calculs GOS. La statistique retient le pays d'expédition. Pour un gazole ou un kérosène importé, il peut s'agir du pays où il a été raffiné, sans que l'on sache d'où venait le brut utilisé. L'essence, le gazole, le fioul et le kérosène sortis des raffineries françaises à partir de brut importé n'entrent pas dans les importations de produits. Pour situer la France parmi l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et les autres pays de l'UE, consulte la page importations de pétrole par pays d'origine.
2. La France dépend-elle du pétrole du Golfe ?
Nettement plus que l'Allemagne ou l'Espagne : 20,1 % des importations françaises de brut, de gazole et fioul et de kérosène venaient en 2025 des sept États du Golfe (indice Ormuz GOS, calcul à partir d'Eurostat). Ces sept États sont l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l'Iran ; Oman n'entre pas dans le calcul, ses ports d'exportation étant hors du détroit. L'Allemagne s'établit à 6,0 %, l'Espagne à 11,7 % et l'ensemble des pays de l'UE à 13,2 % (somme des déclarations nationales, échanges internes à l'UE compris). Sur les 19 pays de l'UE calculés, seules la Lituanie, la Grèce et la Pologne font plus. La répartition par produit explique ce rang : 10,1 % pour le brut, mais 33,2 % pour le gazole et le fioul, et 59,8 % pour le kérosène.
Le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l'Iran n'ont aucune route pour éviter le détroit ; en 2025, ils pesaient 4,8 % des importations françaises, surtout à cause du kérosène koweïtien. Les trois autres fournisseurs du Golfe disposent d'une échappatoire partielle : l'Arabie saoudite par l'oléoduc Est-Ouest vers Yanbu, sur la mer Rouge, les Émirats par l'oléoduc vers Fujairah, sur le golfe d'Oman, l'Irak par ses exportations du nord via Ceyhan, en Turquie. Leur capacité est comptée différemment selon la source : 3,5 à 5,5 millions de barils par jour pour l'AIE, qui retient toute la capacité disponible sur des routes alternatives, environ 2,6 millions pour l'EIA, qui ne compte que les oléoducs saoudiens et émiratis.
Le rôle du détroit est expliqué dans le lexique : détroit d'Hormuz. Le classement complet des pays figure dans l'indice Ormuz GOS.
3. Comment l'approvisionnement en brut a-t-il changé avec la fermeture d'Ormuz ?
Au 2e trimestre 2026, le Kazakhstan a nettement progressé dans le brut importé par la France, de 14,9 % en 2025 à 20,2 %, et talonne désormais les États-Unis, toujours premiers avec 22,7 % (Eurostat, avril à juin 2026, calcul GOS). Viennent ensuite le Nigeria (10,0 %), l'Algérie (9,5 %), la Norvège (9,0 %) et la Libye (7,7 %). L'Irak ne figure plus parmi les six premiers.
| Pays fournisseur | Volume (milliers de t) | Part |
|---|---|---|
| États-Unis | 2 441 | 22,7 % |
| Kazakhstan | 2 170 | 20,2 % |
| Nigeria | 1 078 | 10,0 % |
| Algérie | 1 021 | 9,5 % |
| Norvège | 962 | 9,0 % |
| Libye | 831 | 7,7 % |
| Total des importations | 10 732 | 100 % |
Dans le brut, la part mensuelle du Golfe atteignait encore 12,7 % en février et 12,3 % en mars, puis 4,9 % en avril, 2,6 % en mai et 0,0 % en juin (calcul GOS).
Avant la crise, l'Asie recevait 80 % des exportations passant par Ormuz, l'Europe environ 600 000 barils par jour, soit 4 % (fiche de l'AIE, février 2026). Deux relevés de l'AIE donnent l'ampleur du choc : moins de 10 % des flux d'avant-crise passaient encore le détroit selon son rapport du 12 mars 2026, et la perte sur le brut était revenue à un peu moins de 45 % dans celui du 11/09/2026. Tu peux tester l'effet d'une fermeture prolongée sur les stocks avec le simulateur Ormuz.
4. D'où viennent le gazole, le fioul domestique et le kérosène ?
En 2025, l'Arabie saoudite a fourni 27,5 % du gazole et du fioul domestique importés par la France, devant les États-Unis (16,4 %), les Pays-Bas (10,2 %) et la Belgique (10,1 %) (Eurostat, calcul GOS). Dans la statistique, le fioul domestique n'a pas de ligne propre : il est compté avec le gazole, et l'ensemble a représenté 16 083 milliers de tonnes importées. Au 2e trimestre 2026, les États-Unis sont passés en tête avec 39,6 %, mais l'Arabie saoudite a continué de livrer (13,9 %). C'est compatible avec des chargements à Yanbu, sur la mer Rouge, mais Eurostat n'indique pas le port de chargement.
| Pays fournisseur | Volume (milliers de t) | Part |
|---|---|---|
| Arabie saoudite | 4 423 | 27,5 % |
| États-Unis | 2 633 | 16,4 % |
| Pays-Bas | 1 636 | 10,2 % |
| Belgique | 1 619 | 10,1 % |
| Espagne | 1 070 | 6,7 % |
| Inde | 942 | 5,9 % |
| Allemagne | 718 | 4,5 % |
| non précisé | 567 | 3,5 % |
| Total des importations | 16 083 | 100 % |
Le kérosène est le produit le plus exposé. En 2025, le Koweït en a fourni 43,9 % (2 730 milliers de tonnes), les Émirats 10,1 % et l'Arabie saoudite 5,7 %. Au 2e trimestre 2026, plus rien n'est venu du Koweït, qui n'a pas de route de contournement. Les premiers fournisseurs sont devenus les États-Unis (26,1 %), le Nigeria (12,3 %) et Oman (7,3 %), et la part du Golfe dans le kérosène est tombée de 59,8 % à 12,0 %. Les niveaux de stocks par produit sont sur la page stocks de gazole, fioul et kérosène.
Le fioul importé vient en partie du Golfe. L'autonomie de ta propre cuve, elle, se calcule en deux minutes.
Calculer l'autonomie de ma cuve5. Quelles sont les limites de ces chiffres, et comment s'approvisionnent la Belgique, la Suisse et le Québec ?
L'indice ne dit rien de l'origine du brut contenu dans les produits raffinés : Eurostat classe chaque livraison selon le pays qui l'expédie, et nos parts ne mesurent donc que la dépendance directe. Prenons le gazole acheté aux Pays-Bas, en Belgique ou en Inde : il a pu être raffiné à partir de brut du Golfe, mais il compte comme néerlandais, belge ou indien. Deux autres réserves : les échanges entre pays de l'UE sont inclus dans les totaux, et la série française s'arrête en juin 2026. La dépendance réelle au Golfe peut donc être plus élevée que l'indice, sans qu'on puisse la chiffrer.
En Belgique, la part du Golfe n'était que de 4,6 % en 2025 et de 1,2 % au 2e trimestre 2026 ; le brut venait surtout de Norvège (23,0 %), du Kazakhstan (16,6 %) et des États-Unis (15,3 %), et le gazole à 67,6 % des Pays-Bas (Eurostat, calcul GOS). La Suisse ne figure pas dans Eurostat : selon Avenergy Suisse, son brut venait en 2025 à 49,9 % des États-Unis et à 35,4 % du Nigeria, et 14,2 % de ses produits finis importés venaient de France. Le Québec ne s'approvisionne depuis 2019 qu'en brut de l'Ouest canadien et des États-Unis, selon la Régie de l'énergie ; pour 2024, HEC Montréal estime la répartition à 65 % et 35 %.
Les stocks de sécurité français sont détaillés sur France : SAGESS, CPSSP et prêts de produits, le cas belge et son agence ASEVA (anciennement APETRA) sur Belgique : ASEVA et prix maximum.
Pour citer cette page : Global Oil Shock (Jörg Dässler), « D'où vient le pétrole de la France ? Chiffres 2026 », état au 23/09/2026, https://globaloilshock.com/fr/reserves-strategiques-petrole/d-ou-vient-le-petrole-francais/