Simulateur · Scénario Ormuz

Simulateur Ormuz : jusqu'à quand les stocks d'urgence de la France tiendraient-ils si le détroit restait fermé ?

Illustration méthodologique : le calcul du scénario Ormuz pour les stocks pétroliers

Si les sept États du Golfe cessaient de livrer la France et que rien ne les remplaçait, ses stocks d'urgence de 87,873 jours (Eurostat, juin 2026) tiendraient en théorie 437 jours, jusqu'au 4 décembre 2027, car 20,1 % des importations françaises de brut, de gazole et de kérosène venaient du Golfe en 2025 (indice Ormuz GOS, calcul GOS, état au 23 septembre 2026). Sans aucune importation, il resterait 88 jours, jusqu'au 20 décembre 2026. La France est plus exposée que l'Allemagne ou l'Espagne, surtout pour le kérosène. Le simulateur ci-dessous refait le calcul pour 15 pays de l'UE, dont la Belgique, et cette page explique pourquoi le résultat rassure davantage que la situation.

1. Combien de temps la France tiendrait-elle si Ormuz restait fermé ?

En théorie 437 jours, jusqu'au 4 décembre 2027, si les sept États du Golfe cessaient de livrer la France sans être remplacés : c'est moins que l'Allemagne (1 528 jours), mais bien plus que la Grèce (240 jours), car tout dépend de la part qu'un pays achète directement au Golfe, 20,1 % pour la France (calcul GOS, départ au 23 septembre 2026). Voici les exemples déjà calculés ; le simulateur donne exactement les mêmes résultats tant que tu ne modifies pas le champ des stocks.

PaysStocks en jours (Eurostat)ScénarioPerte netteAutonomieEn théorie jusqu'au
Grèce101,841 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement42,5 %240 jours21/05/2027
Pologne91,557 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement37,0 %247 jours28/05/2027
France87,873 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement20,1 %437 jours04/12/2027
Italie89,710 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement16,1 %557 jours02/04/2028
Autriche88,434 (juillet 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement10,8 %819 jours20/12/2028
Espagne97,062 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement11,7 %830 jours31/12/2028
Allemagne91,688 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement6,0 %1 528 joursenviron 4,2 ans
Belgique109,511 (juillet 2026)arrêt des sept États du Golfe, sans remplacement4,6 %2 381 joursenviron 6,5 ans
France87,873 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, 50 % remplacés10,05 %874 jours13/02/2029
Allemagne91,688 (juin 2026)arrêt des sept États du Golfe, 50 % remplacés3,0 %3 056 joursenviron 8,4 ans
Allemagne91,688 (juin 2026)arrêt de toutes les importations100,0 %92 jours24/12/2026
Allemagne91,688 (juin 2026)arrêt de toutes les importations, 50 % remplacés50,0 %183 jours25/03/2027

Calcul GOS, même méthode et mêmes données que le simulateur, départ au 23/09/2026 ; la date correspond au départ plus le nombre de jours arrondi. Stocks : Eurostat nrg_stk_oem, dernier mois ; part du Golfe 2025 : indice Ormuz GOS (Eurostat nrg_ti_oilm, calcul GOS). Au-delà de 1 095 jours (trois ans), le simulateur affiche des années au lieu d'une date.

Si la France se classe haut, c'est à cause de son gazole et de son kérosène, largement achetés au Golfe ; ce qu'elle en garde en stock figure sur la page stocks de gazole, fioul et kérosène. Deux variantes du calcul : si la moitié des volumes du Golfe était remplacée par d'autres fournisseurs, l'autonomie doublerait, à 874 jours, jusqu'au 13 février 2029 ; si seuls les fournisseurs sans route de contournement s'arrêtaient (Koweït, Qatar, Bahreïn, Iran), soit 4,8 % des importations, elle atteindrait 1 831 jours. La Belgique, dont l'agence de stockage s'appelle ASEVA (anciennement APETRA), détenait 109,511 jours en juillet 2026 et n'achetait que 4,6 % au Golfe : le simulateur y affiche 2 381 jours, soit environ 6,5 ans. La Suisse n'y figure pas, car elle est absente des données d'importation d'Eurostat et compte ses stocks obligatoires en mois de consommation ; le Québec non plus, puisque le Canada, exportateur net, n'a pas d'obligation de stockage auprès de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Les jours de chaque pays sont suivis dans l'Observatoire des réserves pétrolières.

2. Comment utiliser le simulateur Ormuz ?

Trois réglages suffisent : le pays, le scénario et, si tu le souhaites, la part remplacée par d'autres fournisseurs et la baisse de la demande ; le simulateur affiche alors l'autonomie en jours, et une date tant qu'elle reste sous trois ans environ. Il s'ouvre sur la France, dans l'hypothèse où les sept États du Golfe s'arrêtent.

Le menu propose quatre hypothèses toutes faites et une valeur libre. L'arrêt des sept États du Golfe sert de limite haute pour une fermeture d'Ormuz ; une variante ne coupe que les fournisseurs privés de route de contournement, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l'Iran. Tu peux aussi reprendre la part du Golfe observée au 2e trimestre 2026 pour le pays choisi, ou tester le cas extrême où toutes les importations s'arrêtent. Si aucune ne te convient, saisis ta propre part.

Pour la France, le champ des stocks affiche 87,9 jours, arrondi à une décimale ; le calcul utilise la valeur exacte d'Eurostat, 87,873, tant que tu n'y touches pas, et ta valeur si tu la changes. Sous le résultat, le simulateur rappelle le cas sans aucune importation, les valeurs de l'indice Ormuz GOS du pays et les limites du calcul. Les dates partent du jour où tu l'utilises ; sur cette page, elles partent du 23 septembre 2026. Quinze pays de l'UE sont proposés, et rien de ce que tu saisis n'est enregistré ni transmis.

3. Quelle formule le simulateur applique-t-il ?

Le calcul se fait en deux temps : d'abord la perte nette, égale à la part perdue × (1 − part remplacée) − la baisse de la demande, puis l'autonomie, qui correspond aux jours de stocks divisés par cette perte nette. Exemple français, sans remplacement ni baisse de la demande : la perte nette est de 20,1 % × (1 − 0) − 0 = 20,1 %, et 87,873 ÷ 0,201 ≈ 437 jours, soit, en partant du 23 septembre 2026, jusqu'au 4 décembre 2027. Remplacer la moitié des volumes du Golfe divise la perte nette par deux et double l'autonomie : 874 jours, jusqu'au 13 février 2029.

D'où viennent les deux données de départ ? La part perdue est tirée de l'indice Ormuz GOS, calculé à partir des échanges enregistrés par Eurostat (nrg_ti_oilm) : c'est le poids, dans les importations de 2025 de brut, de gazole et fioul et de kérosène, de l'Arabie saoudite, de l'Irak, des Émirats arabes unis, du Koweït, du Qatar, de Bahreïn et de l'Iran. Seuls les trois premiers disposent d'oléoducs pour contourner en partie Ormuz. Les jours de stocks proviennent de la série nrg_stk_oem d'Eurostat, mise à jour le 10 septembre 2026, qui applique la directive européenne 2009/119/CE : au moins 90 jours d'importations nettes moyennes ou 61 jours de consommation intérieure de l'année précédente, le plus élevé des deux. Le détail du décompte est sur la page règle des 90 jours.

La baisse de la demande se retranche en points de pourcentage des importations. Repère utile, même s'il porte sur une autre base : l'accord relatif à un programme international de l'énergie (PIE), traité fondateur de l'AIE, impose aux membres de pouvoir réduire leur consommation finale de 7 % dans un premier temps.

4. Pourquoi ces durées rassurent-elles plus que la situation ?

Parce qu'un simulateur de volumes ne voit ni les prix ni les produits, alors qu'une fermeture d'Ormuz frappe l'Europe d'abord par les prix : selon l'AIE, 80 % des exportations passant par le détroit allaient vers l'Asie avant la crise, et seulement environ 600 000 barils par jour, soit 4 %, vers l'Europe (février 2026).

Le marché, d'abord. En 2025, près de 15 millions de barils de brut par jour ont franchi le détroit, près de 34 % du commerce mondial de brut. Privés de ces cargaisons, les acheteurs chinois, indiens, japonais et coréens se tournent vers les mêmes fournisseurs que l'Europe, et les prix montent pour tous. En septembre, l'AIE chiffrait encore la perte d'exportations de brut à un peu moins de 45 %, limitée par les contournements et les escortes militaires américaines.

Les produits, ensuite. Pour la France, la dépendance se concentre sur le kérosène, importé à 59,8 % du Golfe en 2025, dont 43,9 % du seul Koweït, qui n'a aucune route de contournement, et sur le gazole (33,2 %). Et Eurostat ne connaît que le pays expéditeur : un gazole raffiné aux Pays-Bas avec du brut du Golfe y apparaît comme néerlandais.

Le partage de l'effort, enfin. Pour l'action collective de 2026, 30 membres de l'AIE ont promis 426 millions de barils, dont 14,6 millions pour la France selon l'AIE (19 mars 2026 ; 14,5 millions selon GED Énergies). Pour les États-Unis, le département de l'Énergie (DOE) indique que leur part dans ces actions suit leur part de la consommation de pétrole de l'ensemble des pays de l'AIE, 42,3 % en décembre 2022 : le critère est la consommation, pas la dépendance au Golfe. Les stocks baissent donc aussi là où peu d'importations manquent. Reste la logistique : délais de livraison et niveaux minimaux dans les cuves et les oléoducs ne sont pas modélisés. Le décompte en couvre une partie, puisque la directive retire 10 % des stocks jugés indisponibles (l'AIE aussi) et que les jours d'Eurostat suivent la directive.

5. Qu'a-t-on observé en 2026 ?

Ni arrêt total ni statu quo : les importations ont continué, la part du Golfe dans celles des pays de l'UE est tombée de 13,2 % en 2025 à 7,6 % au 2e trimestre 2026, et les stocks d'urgence ont malgré tout été entamés (Eurostat, calcul GOS). En France, le relais est venu surtout des États-Unis, qui ont fourni au 2e trimestre 26,1 % du kérosène et 39,6 % du gazole importés. Le Koweït, lui, n'a plus rien livré : 2 730 milliers de tonnes de kérosène en 2025, zéro au 2e trimestre 2026. À l'échelle de l'UE, 116 709,4 milliers de tonnes de brut sont arrivées au 2e trimestre, un peu plus du quart des 455 847,4 milliers de tonnes de 2025. L'Arabie saoudite a continué à fournir 45,3 % du brut polonais, ce qui cadre avec un contournement par le pipeline Est-Ouest vers la mer Rouge, sans que le port de chargement figure dans les données d'Eurostat.

Côté stocks, la France est passée de 94,527 jours en mars à 87,873 en juin, l'Allemagne de 95,169 à 91,688 : c'est le partage de l'effort au sein de l'AIE, traduit en jours. Pour ta propre cuve, le calculateur d'autonomie de cuve suit la même logique, et la page sur la réserve d'énergie à la maison dit ce qui a du sens chez toi.

Pour citer cette page : Global Oil Shock (Jörg Dässler), « Si Ormuz reste fermé : combien durent les stocks ? », état au 23/09/2026, https://globaloilshock.com/fr/reserves-strategiques-petrole/simulateur-ormuz/

6. Questions fréquentes sur le scénario Ormuz

Combien de temps tiendraient les stocks stratégiques français sans le pétrole du Golfe ?
En théorie 437 jours, jusqu'au 4 décembre 2027, si les sept États du Golfe s'arrêtaient et que rien ne les remplaçait : la France détenait 87,873 jours de stocks en juin 2026 (Eurostat) et achetait 20,1 % de ses importations au Golfe (calcul GOS). Si seuls le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l'Iran s'arrêtaient, ce serait 1 831 jours.
Que se passerait-il si toutes les importations s'arrêtaient ?
Les stocks dureraient alors exactement 87,873 jours, soit 88 jours arrondis, jusqu'au 20 décembre 2026 (calcul GOS). C'est un cas extrême et purement arithmétique : il suppose que les stocks se vident entièrement et au même rythme que les importations perdues.
Pourquoi la France dépend-elle davantage du Golfe que l'Allemagne ?
À cause des produits raffinés : en 2025, 59,8 % du kérosène et 33,2 % du gazole importés par la France venaient du Golfe, dont 27,5 % du gazole depuis l'Arabie saoudite. Pour l'Allemagne, la part totale n'était que de 6,0 % (Eurostat, calcul GOS).
La Belgique, la Suisse et le Québec sont-ils dans le simulateur ?
La Belgique oui : 109,511 jours en juillet 2026 et 4,6 % d'importations venues du Golfe, soit 2 381 jours, environ 6,5 ans, dans le scénario Golfe (calcul GOS). La Suisse non : elle ne figure pas dans les données d'importation d'Eurostat et compte ses stocks en mois de consommation. Le Québec non plus : le Canada, exportateur net, n'a pas d'obligation de stockage auprès de l'AIE.
Pourquoi les stocks ont-ils baissé alors que les importations continuaient ?
À cause de l'action collective de l'AIE : 30 pays ont promis 426 millions de barils en 2026, dont 14,6 millions pour la France selon l'AIE (14,5 millions selon GED Énergies). Ses stocks sont passés de 94,527 jours en mars à 87,873 en juin (Eurostat).
Le simulateur prévoit-il une pénurie ou une hausse des prix ?
Non. Il donne un ordre de grandeur en volumes, pas une prévision. Selon l'AIE, 80 % des exportations passant par Ormuz allaient vers l'Asie : une fermeture pousse ces acheteurs vers le marché où l'Europe se fournit aussi, ce qui se voit d'abord dans les prix. Nous ne faisons pas de prévision de prix.

Et chez toi ?

Les stocks de l'État protègent l'approvisionnement, pas ton budget. La page sur la réserve d'énergie à la maison dit ce qu'une réserve personnelle peut apporter, et ce qu'elle ne peut pas faire.

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