1. Ce qui s'est passé cette semaine
La semaine a commencé par son sommet. Le 21 août, le contrat à terme sur le Brent a clôturé à 94,39 dollars américains. Il a ensuite reflué : 92,17 dollars le 24 août, 88,58 le 25 et 87,84 le 26. Le 27 août, la clôture s'est établie à 89,70 dollars (Yahoo Finance, BZ=F, cours de clôture).
Ce même 27 août, la société irakienne de commercialisation SOMO a proposé du brut de Basra au chargement hors du détroit d'Ormuz, notamment par transbordement de navire à navire au large des côtes d'Oman. C'était la première offre de ce type depuis le début de la guerre (Bloomberg, 27/08/2026 ; Zawya, 27/08/2026).
Le rapport hebdomadaire d'AXS Marine pour cette semaine faisait état de primes de risque de guerre de 7,5 à 10 pour cent de la valeur du navire pour les trajets à haut risque. Avant la guerre, environ 0,25 pour cent était la règle.
2. Transbordement au large d'Oman : ce que cette décision signifie
L'Irak exporte la très grande majorité de son pétrole par les terminaux situés près de Basra, à l'extrémité nord du golfe Persique. De là, il n'existe qu'une seule sortie, et elle passe par le détroit d'Ormuz.
Proposer un chargement hors du détroit revient à déplacer le risque. Ce n'est plus l'acheteur qui vient prendre le pétrole à un terminal du Golfe, c'est le vendeur qui le sort et le remet à l'extérieur, souvent par transbordement de navire à navire. L'acheteur s'épargne ainsi la traversée du détroit et la prime qu'elle entraîne.
Pour le vendeur, l'opération coûte cher : le transbordement prend du temps, mobilise des navires supplémentaires et de l'assurance. Que l'Irak emprunte malgré tout cette voie constitue donc un indice solide que le détroit n'est plus utilisable de façon fiable, même pour des acteurs aguerris.
Nous avons en conséquence classé le point Basra comme fortement limité. L'entrée figure avec sa date et sa source dans notre suivi des voies maritimes.
3. La prime qui n'apparaît pas dans le prix du pétrole
Une prime de risque de guerre de 7,5 à 10 pour cent de la valeur du navire représente, pour un supertanker valant 100 millions de dollars américains, 7,5 à 10 millions de dollars pour un seul trajet. Avant la guerre, à 0,25 pour cent, il s'agissait d'environ 250 000 dollars.
Ce coût se répartit sur la cargaison. Un supertanker emporte environ deux millions de barils : 8 millions de dollars de prime deviennent ainsi près de quatre dollars par baril, pour la seule assurance.
Rien de tout cela ne figure dans le prix du pétrole que l'on cite. Le Brent est le prix du brut en un lieu de livraison, pas le prix du brut rendu à une raffinerie en Europe. La différence, faite de fret, d'assurance et de détour, explique pourquoi les prix à la consommation ont monté plus fort que le contrat à terme cet été.
4. Ce que cela signifie pour les ménages en Europe
Le 24 août, le fioul domestique coûtait 1 333,10 euros pour 1 000 litres en Allemagne, 0,7 pour cent de moins qu'une semaine plus tôt. En Autriche, la valeur est montée à 1 634,30 euros (plus 2,1 pour cent), en France à 1 724,30 euros (plus 1,7 pour cent), en Espagne à 1 347,90 euros (plus 1,9 pour cent). Toutes ces valeurs viennent du bulletin pétrolier de l'UE, au 24/08/2026.
Les relevés autrichien et français atteignaient ainsi leur plus haut niveau depuis le début de cette crise. En Allemagne, le niveau du 20 juillet, à 1 339,10 euros, restait un peu supérieur.
Ce qui en découle pour un foyer dépend de la consommation et du mode de chauffage. Le calculateur de la page d'accueil réunit les prix actuels et les chiffres de consommation de chacun, les valeurs hebdomadaires par pays figurent dans nos relevés par pays.