Rapport hebdomadaire, semaine 32/2026

Prix du pétrole semaine 32 : le Brent passe sous 80 dollars, la Turquie suspend des transits

Évolution du cours du contrat à terme Brent jusqu’au 06.08.2026, rapport hebdomadaire sur le pétrole

Sept jours sans nouvelle défaillance, et le prix recule. La semaine du 31 juillet au 6 août a été la plus calme des dix que couvre cette rétrospective. Le contrat à terme sur le Brent est tombé le 4 août à 79,36 dollars, sa clôture la plus basse depuis le 10 juillet. En fin de semaine, la Turquie a cessé provisoirement de délivrer des autorisations de transit pour les trajets vers les ports russes et ukrainiens. Chaque chiffre est ici daté et sourcé.

1. Ce qui s'est passé cette semaine

La semaine a commencé par un reflux. Le 31 juillet, le contrat à terme sur le Brent clôturait à 90,12 dollars américains, le 3 août à 83,77 dollars et le 4 août à 79,36 dollars. C'était la clôture la plus basse depuis le 10 juillet, c'est-à-dire depuis la veille de la déclaration des Gardiens de la révolution (Yahoo Finance, BZ=F, clôture quotidienne).

Aucune nouvelle défaillance n'a été signalée cette semaine. Le terminal du CPC sur la mer Noire chargeait de nouveau, les conduites saoudiennes de contournement fonctionnaient, et en mer Rouge aucune attaque contre un navire de commerce n'a été rapportée.

Le 6 août, la sécurité côtière turque a cessé provisoirement de délivrer des autorisations de transit pour les trajets vers les ports russes et ukrainiens (gCaptain, 09/08/2026). La mesure portait sur le passage par le Bosphore et les Dardanelles, par lequel transite une part importante des exportations pétrolières russes et kazakhes.

2. Le prix du pétrole : pourquoi une semaine calme coûte moins cher

Sur la semaine, le contrat à terme est passé de 89,03 dollars à 82,49 dollars, soit 7,3 pour cent de moins. Ce qui s'échange sur ce marché, ce sont des probabilités : sans nouvelle annonce de défaillance en sept jours, celle qui est intégrée dans le prix recule d'elle-même.

L'essentiel est pourtant ce qui n'a pas bougé. Le détroit d'Ormuz restait dans les faits fermé au trafic commercial libre, le blocus américain des ports iraniens tenait toujours, le blocus naval des Houthis contre la navigation saoudienne également. Le prix n'a donc pas baissé parce que davantage de pétrole circulait, mais parce qu'aucun fait nouveau ne s'est ajouté.

Pour les ménages, c'est l'observation la plus utile de tout cet été : les semaines calmes sont les semaines bon marché, et elles ne s'annoncent pas.

3. Bosphore et Dardanelles : une autorisation qui se met soudain à compter

Les détroits turcs ne sont pas le genre de passage dont on parle beaucoup. Leur régime juridique remonte à la convention de Montreux de 1936, et les navires de commerce les franchissent librement en temps de paix.

Ce qui s'est produit le 6 août n'était donc pas une atteinte à la navigation elle-même, mais à son administration : les autorisations de transit pour certaines destinations ont cessé d'être délivrées. Le motif, selon l'article, tenait à la multiplication des attaques contre des navires en mer Noire.

Pour le marché pétrolier, cela compte, car c'est par cette voie que le brut russe de Novorossiisk et le brut kazakh du terminal du CPC gagnent la Méditerranée. Ajoutée à l'arrêt du CPC de la semaine 30, l'affaire dessine une route interrompue deux fois en trois semaines, sans qu'un seul coup de feu ait été tiré dans sa direction.

Le classement de ce point est passé cette semaine à perturbé, puis est revenu trois jours plus tard à son état antérieur. Les deux changements sont consignés avec leur date dans notre suivi des voies maritimes.

4. Fioul domestique : la pause dont l'Allemagne a profité

Le 3 août, le fioul domestique coûtait en Allemagne 1 285,20 euros pour 1 000 litres, 2,2 pour cent de moins qu'une semaine plus tôt. C'était la deuxième semaine consécutive de baisse et, on ne l'a su que plus tard, le niveau le plus bas de tout l'été depuis la fermeture. En Autriche, la valeur montait au contraire à 1 615,90 euros (plus 1,4 pour cent), en France à 1 711,90 euros (plus 1,2 pour cent), tandis qu'en Espagne elle reculait légèrement à 1 270,00 euros (moins 0,4 pour cent). Toutes les valeurs proviennent du bulletin pétrolier de l'UE, au 03/08/2026.

Qui a commandé cette semaine-là a bien acheté, rétrospectivement. Mais cela ne se dit qu'après coup, et c'est toute la difficulté d'une décision d'achat : le meilleur moment ne devient lisible qu'une fois passé. Mieux vaut donc répartir une commande sur plusieurs dates que tenter de viser le creux.

Les valeurs hebdomadaires par pays et la ligne plus longue figurent dans nos pages de données, chaque chiffre avec sa date.

5. Questions fréquentes sur la situation en semaine 32

La situation était-elle vraiment plus détendue cette semaine ?
Le prix était plus bas, la situation ne l'était pas. Le détroit d'Ormuz restait dans les faits fermé au trafic commercial libre, le blocus américain des ports iraniens tenait, le blocus naval des Houthis aussi. Si le prix a reculé, c'est parce qu'aucune nouvelle annonce de défaillance n'est venue s'ajouter en sept jours.
La Turquie peut-elle fermer les détroits ?
Le passage des navires de commerce est réglé depuis 1936 par la convention de Montreux et reste libre en temps de paix. Ce qui s'est produit le 6 août portait sur la délivrance d'autorisations de transit vers certains ports, non sur le passage lui-même. Trois jours plus tard, les transits ont repris (gCaptain, 09/08/2026).
Le 3 août était-il le meilleur moment pour commander ?
Rétrospectivement, c'était le niveau le plus bas de l'été depuis la fermeture. Rien ne permettait de le savoir sur le moment. Qui veut réduire son risque de prix répartit plutôt une commande sur plusieurs dates que d'essayer de toucher le creux.

Ce que cela signifie pour tes coûts

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